L’instrument et l’église

Modifications aux XIXème et XXème siècles

XIXème siècle : modernisations romantiques par le facteur Suret

Grand facteur du milieu du XIXème siècle et à la frontière entre l'orgue classique et l'orgue romantique, le facteur d'orgue Suret a modifié sans dénaturer l'orgue Clicquot. Son intervention est habituellement datée de 1855, mais des traces de son passage et de son travail sont visibles à des dates ultérieures.

Ses interventions ont été relativement importantes sur l'orgue :

  • Rajout d'un clavier expressif doté de 5 jeux mais parlant seulement sur une partie du clavier.
  • Suppression corrélative des deux claviers de récit et d'écho.
  • Modification de la composition de certains claviers : par exemple, Suret a supprimé 3 à 4 jeux du positif pour installer deux jeux de huit pieds et déplacer le hautbois au nouveau récit expressif.
  • Changement des claviers de la console, afin de rendre le jeu plus facile à l'organiste.

Néanmoins, Suret a conservé l'essentiel de la mécanique de Clicquot (sommiers compris) et une grande partie du matériau sonore.

Le facteur Mutin est intervenu en 1911-1912, probablement pour réparer quelques dégâts faits par la Commune de Paris (disparition de certains jeux?) et pour mettre l'orgue «au goût du jour» : suppression du pédalier à la française, semble-t-il conservé par Suret, réharmonisation du plein jeu, rajouts de jeux d'anches harmoniques, etc.

1852 - 2011 : 160 ans sans relevage complet... et un incendie

Pour conserver un orgue dans des conditions satisfaisantes de fonctionnement, on estime qu'il est nécessaire de réaliser des relevages tous les 30 à 40 ans. Or le dernier relevage à notre connaissance date de... 1912. Et encore, il s'agit d'une intervention à l'économie !

Tout comme l'église elle-même, l'orgue a été en effet endommagé sérieusement en 1871 par les troubles de la Commune. 40 ans plus tard (!), le facteur Mutin a paré alors au plus pressé pour réparer les dégâts et remplacer les tuyaux vandalisés ou manquants. Il a également installé des anches de 8 et de 16 au grand-orgue pour renforcer sa puissance.

Tout au long du XXème siècle, l'orgue n'a subi aucune intervention et son état s'est lentement dégradé.

À bout de souffle en 1974, l'orgue subit de gros dégâts au cours d'un incendie. Et ce qui n'a pas été détruit par le feu et la chaleur a probablement été endommagé par l'eau et les produits d'extinction utilisés pour éteindre l'incendie. L'orgue est depuis cette date totalement injouable.


 

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